
| Auteur | René Barjavel |
| Date | 1943 |
| Editeur | Denoël, coll. Folio |
| Nb de pages | 245 p. |
| Type | Roman fantastique |
| ISBN | 2-07-036485-2 |
Le voyageur imprudent est un classique de la science-fiction. Bien qu’hors période pour le cadre steampunk (ce n’est pas le bref passage en 1890 qui pourrait le rattacher sérieusement au XIXe siècle), il nous a semblé important d’en produire ici une fiche parce que ce roman un pilier de la littérature des voyages dans le temps. Il se découpe en trois parties (plus une postface de 1958) quasiment indépendantes bien que personnages et technologies soient conservés. La première (« L’apprentissage ») est un roman fantastique classique mais agréable, qui narre la rencontre entre un chimiste infirme, Noël Essaillon, sa fille Annette, et un jeune mathématicien, Pierre Saint-Menoux, au cœur de la Seconde guerre mondiale. Essaillon est l’inventeur d’une substance permettant de voyager dans le temps, la noëlite, Saint-Menoux sera le voyageur. Les sauts se dirigent essentiellement vers l’année 2052, année de la grande catastrophe racontée dans un autre roman de Barjavel, Ravage. La seconde partie (« Le voyage entomologique ») est le récit des sauts de Saint-Menoux vers l’an 100.000. C’est là une utopie sur l’évolution biologique des sociétés humaines après la catastrophe de 2052. La troisième partie, enfin, (« L’imprudence »), raconte les sauts vers le XIXe siècle de Saint-Menoux, et développe les paradoxes temporels liés à la modification de ce passé (en particulier la mort d’un ancêtre du voyageur).
Originaire d’une famille modeste de la Drôme, René Barjavel (1911-1985) doit après le baccalauréat en 1929 multiplier les petits métiers pour vivre. Lorsqu’il monte à Paris en 1935, il se fait embaucher comme emballeur chez l’éditeur Denoël, mais gravit peu à peu les échelons de la maison d’édition jusqu’à en assurer la direction à la libération lorsque Robert Denoël est accusé de collaboration (lui même a fait paraître Le Voyageur imprudent en feuilleton dans Je suis partout). Il participe alors à quelques films avant que La Nuit des Temps (1968) ne le révèle comme un grand écrivain populaire. Il fait partie des précurseur de la science-fiction « à la française » (Ravage et Le voyageur imprudent datent de 1943), développant une vision inquiète face au progrès.
Ravage, 1943.
La Nuit des temps, 1968.
Les Chemins de Katmandou, 1969.
L’Enchanteur, 1984.

