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	<title>De charbon et d'&#233;ther</title>
	<link>http://www.charbon-et-ether.fr/</link>
	<description>Et si Napol&#233;on III n'avait pas &#233;t&#233; vaincu en 1871 ? Un site consacr&#233; au jeu de r&#244;le Ch&#226;teau Falkenstein et &#224; l'univers steampunk.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Boschimans (Les)</title>
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		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on rencontre enfin la face obscure du gentil peuple pr&#233;c&#233;demment cit&#233;. Abel et Ca&#239;n n'&#233;taient-ils pas fr&#232;res ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L104xH150/arton173-903ec.png&quot; width='104' height='150' style='height:150px;width:104px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on rencontre enfin la face obscure du &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article172' class='spip_in'&gt;gentil peuple&lt;/a&gt; pr&#233;c&#233;demment cit&#233;. Abel et Ca&#239;n n'&#233;taient-ils pas fr&#232;res ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On appelle Boschimans, Boschis ou Buschmanners la race des sauvages r&#233;pandus sur la partie occidentale du midi de l'Afrique, dans les plaines immenses born&#233;es au bord par la colonie du cap de Bonne-Esp&#233;rance, et se prolongeant dans les terres inconnues de l'int&#233;rieur du pays. C'est une vari&#233;t&#233; de la race &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article172' class='spip_in'&gt;hottentote&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_289 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:200px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L200xH259/Boschiman-c0968.gif' width='200' height='259' alt='GIF - 19.6 ko' style='height:259px;width:200px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:200px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Boschiman&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les Bochis sont sauvages, cruels et mis&#233;rables. Loin de former une nation, ils ne sont m&#234;me pas r&#233;unis en soci&#233;t&#233;s particuli&#232;res. Ils se groupent seulement en familles, et ne se rassemblent jamais en grand nombre que pour se d&#233;fendre ou pour piller. Il ne cultivent point la terre, et n'ont point d'autre animal domestique que le chien. Ils se nourrissent habituellement de racines, de reptiles, de grillons, de larves de fourmis ; et quand toute l'herbe des campagnes est d&#233;vor&#233;e par les sauterelles et que la terre nue n'offre plus aucune p&#226;ture, ils d&#233;vorent les sauterelles. Ils peuvent supporter la faim long-temps, mais ils se d&#233;dommagent avec voracit&#233; de leur je&#251;ne, s'ils parviennent &#224; tuer quelque gibier sauvage, ou &#224; voler un b&#339;uf ou un mouton. Ils n'ont aucune sorte d'habitation ; ils se couchent sur le sable, expos&#233;s &#224; toutes les injures de l'air. Leurs armes sont des javelines, des fl&#232;ches courb&#233;es, qu'ils empoisonnent et qu'ils lancent avec une adresse extraordinaire &#224; de grandes distances. Leur langage est tr&#232;s pauvre ; il se compose d'un nombre peu consid&#233;rable de roulemens, de sons tremblans produits par un tremblement de la langue, et de tons &#226;pres tir&#233;s de la gorge, que nous ne saurions repr&#233;senter &#224; l'aide d'aucune lettre. En g&#233;n&#233;ral, ils ne sont pas d'une taille tr&#232;s &#233;lev&#233;e ; la couleur de leur peau est d'un jaune fonc&#233; ; leur chevelure, qui ressemble &#224; la laine, est tordue en tresses serr&#233;es ; quelquefois la partie sup&#233;rieur de leur front est ceinte d'un &#233;troit bandeau de poils bord&#233; de touffes en forme d'ornemens, et ce bandeau sert &#224; retenir quelques unes des plus petites fl&#232;ches, tandis que les plus longues sont enferm&#233;es dans un carquois de bois d'alo&#232;s, jet&#233; avec l'arc derri&#232;re les &#233;paules.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cet article d'Edouard Charton, paru en 1833, fait partie du &lt;i&gt;Magasin pittoresque&lt;/i&gt;. R&#233;&#233;dit&#233; par Elytis en 2007, la reproduction de l'original est disponible sur &lt;a href='http://gallica.bnf.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;Gallica&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Hottentot (Le)</title>
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		<dc:date>2010-08-18T21:18:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on rencontre un gentil petit peuple, de bons sauvages quoi ... c'est-&#224;-dire un peuple qui ne pose pas probl&#232;me aux Europ&#233;ens.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L104xH150/arton172-89801.png&quot; width='104' height='150' style='height:150px;width:104px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on rencontre un gentil petit peuple, de bons sauvages ... c'est-&#224;-dire un peuple qui ne pose pas probl&#232;me aux Europ&#233;ens.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien que le cap de Bonne-Esp&#233;rance ait &#233;t&#233; d&#233;couvert en 1486 par les Portugais, il ne s'y est form&#233; de colonie europ&#233;enne qu'au milieu du XVII&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Les Hollandais, sous la conduite du chirurgien Van Riebeeck, y fond&#232;rent le premier &#233;tablissement ; les Portugais en avaient &#233;t&#233; d&#233;go&#251;t&#233;s d&#232;s le principe par plusieurs combats qu'ils avaient soutenus avec les naturels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La compagnie hollandaise ne songea pas d'abord au parti qu'on pouvait tirer de la culture du pays ; mais &#224; mesure que les avantages devinrent plus &#233;videns, les Europ&#233;ens agrandirent leurs possessions au point de rel&#233;guer la population native dans les arides d&#233;serts o&#249; se r&#233;fugient le Namacquois errant et les hordes des &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article173' class='spip_in'&gt;Bushmans&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans ces d&#233;serts que les a visit&#233;s le c&#233;l&#232;bre voyageur fran&#231;ais Levaillant, &#224; qui nous devons la majeure partie des d&#233;tails qui suivent :&lt;br&gt;
Le Hottentot a les pommettes des joues tr&#232;s pro&#233;minentes, et la m&#226;choire, au contraire excessivement &#233;troite ; aussi sa physionomie va-t-elle toujours en diminuant jusqu'au bout du menton : son nez plat n'a quelquefois que six lignes de longueur ; ses narines sont tr&#232;s ouvertes ; sa bouche, grande, est meubl&#233;e de petites dents perl&#233;es d'une blancheur &#233;blouissante ; ses yeux, tr&#232;s beaux, inclinent un peu du c&#244;t&#233; du nez comme ceux des Chinois ; il est parfaitement proportionn&#233; ; sa d&#233;marche est gracieuse et souple ; les femmes sont &#233;galement tr&#232;s bien faites, ayant les bras, les mains et les pieds model&#233;s avec une d&#233;licatesse qu'on ne s'attendait gu&#232;re &#224; trouver chez elles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Hottentot montre en g&#233;n&#233;ral un grand sang-froid, et conserve constamment un maintien r&#233;fl&#233;chi et r&#233;serv&#233;, s'occupant avec le plus grand soin de la garde de ses troupeaux, car il est naturellement pasteur, et ne se doute pas des premiers &#233;l&#233;mens d'agriculture : jamais il ne s&#232;me ni ne plante ; jamais il ne fait de r&#233;colte ; il ne compose m&#234;me pas de beurre, et boit son lait comme la nature le lui donne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Se vouant ainsi enti&#232;rement &#224; la conduite de ses troupeaux, il est n&#233;cessairement un adroit et hardi chasseur ; il est d'ailleurs second&#233; dans ses chasses par sa vue subtile et sa perspicacit&#233;. Sur un terrain sec o&#249; l'&#233;l&#233;phant ne laisse aucune trace, au milieu des feuilles mortes et roul&#233;es par le vent, l'animal est reconnu, sa trace est poursuivie &#224; l'aide de mille indices l&#233;gers ; c'est quelquefois une feuille verte retourn&#233;e ou d&#233;tach&#233;e, quelquefois la forme des &#233;clats d'une branche rompue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La principale pi&#232;ce de l'habillement des Hottentots est un manteau de peaux de mouton ou de b&#234;tes sauvages cousues avec des fils de boyau : ce manteau, appel&#233; &lt;i&gt;kross&lt;/i&gt;, lui sert la nuit de couverture et le jour d'habit : s'il fait chaud, il l'ouvre ; fait-il de la pluie, il le ferme. Lorsqu'elles sont vieilles, il en couvre sa hutte ; lorsqu'il meurt, on l'enveloppe dedans pour l'enterrer. La seconde pi&#232;ce principale de son habillement consiste en un petit tablier de peau qu'il attache autour de ses reins.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_287 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:150px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L150xH238/Hottentot-f1776.gif' width='150' height='238' alt='GIF - 17.8 ko' style='height:238px;width:150px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:150px;'&gt;&lt;strong&gt;Le Hottentot&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le Hottentot dont nous donnons le portrait est, comme on le voit par ses pantalons, sa chaussure et son chapeau, en contact avec les Europ&#233;ens, dont il a adopt&#233; quelques v&#234;tements ; mais les traits de son visage conservent le caract&#232;re de sa race.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En perdant graduellement, par les envahissemens des Europ&#233;ens, le droit de faire pa&#238;tre leurs troupeaux, les peuplades hottentotes avaient &#233;t&#233; peu &#224; peu r&#233;duites, &#224; une sorte de servage tr&#232;s peu diff&#233;rents de l'esclavage ordinaire ; elles ont &#233;t&#233; &#233;mancip&#233;es par le gouvernement anglais, en juin 1828, et les ilotes du Cap, au nombre de 50.000, ont &#233;t&#233; admis &#224; jouir des m&#234;mes droits et privil&#232;ges civils ou politiques que la population blanche de la colonie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cet article d'Edouard Charton, paru en 1833, fait partie du &lt;i&gt;Magasin pittoresque&lt;/i&gt;. R&#233;&#233;dit&#233; par Elytis en 2007, la reproduction de l'original est disponible sur &lt;a href='http://gallica.bnf.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;Gallica&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;nigme de la V&#233;nus Hottentote</title>
		<link>http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article171</link>
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		<dc:date>2010-08-15T20:11:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;de G. Badou.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique49" rel="directory"&gt;Documentaire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?mot20" rel="tag"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L96xH150/arton171-13de3.png&quot; width='96' height='150' style='height:150px;width:96px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Auteur&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; G&#233;rard Badou &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Date&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 2000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Editeur&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; JC Latt&#232;s &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Nb de pages&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 207 p. &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Type&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; Documentaire &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;ISBN&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 2-07096-2122-3 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Bref r&#233;sum&#233; de l'ouvrage.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage retrace la vie de &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article170' class='spip_in'&gt;Sarah Baartman (Saartjie Baartman), la &#171; V&#233;nus Hottentote &#187;&lt;/a&gt; de sa naissance &#224; ... aujourd'hui. Il comble d'abord ce qu'on ignore de son origine en pr&#233;sentant la situation du sud de l'Afrique &#224; la fin du XVIII&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, en particulier ce qui concerne les peuples &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article172' class='spip_in'&gt;Hottentots&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article173' class='spip_in'&gt;Bochimans&lt;/a&gt;. L'histoire &#233;tant mieux document&#233;e &#224; partir de son arriv&#233;e en Europe, G. Badou relate dans les deux chapitres suivants son passage &#224; Londres et en Angleterre (1810-1814) puis son arriv&#233;e &#224; Paris o&#249; elle d&#233;c&#232;de en d&#233;cembre 1815. La derni&#232;re partie est consacr&#233;e aux &#171; outrages posthumes &#187; subis par sa d&#233;pouille et l'&#233;pilogue aux d&#233;m&#234;l&#233;s juridiques entre la France et la R&#233;publique Sud Africaine &#224; son propos. Notons que depuis la parution du livre (2000) les restes de la d&#233;pouille de Sarah Baartman ont effectivement &#233;t&#233;s rendus &#224; son pays d'origine gr&#226;ce &#224; une loi sp&#233;ciale du 7 mars 2002.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Bio-bibliographie.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_285 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:125px;'&gt;
&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L125xH155/Badou_Gerard-5ef4f.gif' width='125' height='155' alt=&quot;&quot; style='height:155px;width:125px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;G&#233;rard Badou est ancien r&#233;dacteur en chef &#224; &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, &#233;crivain et journaliste. Il est notamment l'auteur de :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;i&gt;L'Etat de sant&#233;&lt;/i&gt;, Buchet-Chastel, 1985.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;i&gt;Les Nouveaux Vieux&lt;/i&gt;, Le Pr&#233;-aux-Clercs, 1989.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;i&gt;Le Corps d&#233;fendu&lt;/i&gt;, JC Latt&#232;s, 1994.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;i&gt;Histoires secr&#232;tes de la Psychanalyse&lt;/i&gt;, Albin Michel, 1997.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Incipit&lt;/h3&gt;
&lt;div class=&quot;citation100&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; Aucun des visiteurs du mus&#233;e de l'Homme n'a pu rester insensible &#224; la vision de la V&#233;nus Hottentote, cette Africaine statufi&#233;e dans son moulage de pl&#226;tre brun. D'un r&#233;alisme tel que certains crurent y voir un vrai corps naturalis&#233;, une momie rembourr&#233;e. Le visage, surtout, est bouleversant, les yeux ferm&#233;s sur une douleur muette. La bouche entrouverte, exhalant un dernier souffle, interminable. Bizarrement, c'est ce visage &#8212; celui d'une morte &#8212; qui semble donner vie &#224; ce corps jadis moul&#233; &#224; m&#234;me la peau du cadavre. Lourdes mamelles en forme d'outres, pendantes. Hanches aussi larges que des calebasses. Croupe sid&#233;rante, prolongeant la silhouette par une protub&#233;rance aussi massive qu'un monstrueux balluchon de chair. Et, dissimul&#233; entre les cuisses &#233;paisses, le sexe, myst&#233;rieux, pendouillant comme une chair molle. &#187;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Baartman (Sarah), la V&#233;nus Hottentote</title>
		<link>http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article170</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on comprend que parfois l'Art d&#233;pend plus du regard du spectateur que de la volont&#233; de l'artiste ...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;Artiste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?mot20" rel="tag"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L67xH150/arton170-d7cac.png&quot; width='67' height='150' style='height:150px;width:67px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Nom :&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; Satchwe (?) devenue Saartjie en Hollandais, Sarah Baartman en Anglais &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Dates :&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 1789 (?) - 1815 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Adresse :&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; n&#176;7 de la cour des Fontaines, Paris, &#224; partir de 1814. &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Cat&#233;gorie :&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; Artiste ... ne devrait-on pas dire aussi aventuri&#232;re ? &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on comprend que parfois l'Art d&#233;pend plus du regard du spectateur que de la volont&#233; de l'artiste ...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De son nom d'origine, nous ne sommes pas certain. Peut &#234;tre &lt;i&gt;Satchwe&lt;/i&gt;, devenu &lt;i&gt;Saartjie&lt;/i&gt; en Hollandais, &lt;i&gt;Sarah&lt;/i&gt; en anglais. De son peuple d'origine, nous ne sommes pas plus s&#251;r. Peut &#234;tre &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article172' class='spip_in'&gt;Hottentote&lt;/a&gt;, peut &#234;tre &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article173' class='spip_in'&gt;Bochimans&lt;/a&gt;, peut &#234;tre un peu des deux&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Hottentots et Bochimans sont deux peuples d'Afrique australe utilisant des (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle est sans doute n&#233;e en 1789, et rapporte dans un proc&#232;s conduit plus tard, que sa m&#232;re &#233;tait morte alors qu'elle avait deux ans. Elle est d&#232;s cette &#233;poque asservie par une famille de fermiers boers, qui la c&#232;de &#224; un autre membre de la famille, Hendrick Caezar, habitant les environs du Cap. C'est lui qui la d&#233;cide, contre promesses de fortune et de libert&#233;, d'exhiber en Angleterre son corps, caract&#233;ris&#233; par une hypertrophie des hanches et des fesses (st&#233;atopygie) et des organes g&#233;nitaux protub&#233;rants (macronymphie, que l'on nomme &#224; l'&#233;poque tablier g&#233;nital).&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;citation40&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; La V&#233;nus Hottentote vient juste d'arriver. Elle peut &#234;tre vue entre 1h et 5h de l'apr&#232;s-midi au n&#176;225 de Piccadilly. Elle vient des rives de la rivi&#232;re &#8220;Gamtoos&#8221;, aux fronti&#232;res de la Cafrerie, &#224; l'int&#233;rieur de l'Afrique du Sud. C'est l'un des plus parfaits sp&#233;cimens de ce peuple. Gr&#226;ce &#224; cet extraordinaire ph&#233;nom&#232;ne de la nature, le public aura l'occasion de juger &#224; quel point elle d&#233;passe toutes les descriptions des historiens concernant cette tribu de l'esp&#232;ce humaine. Elle est v&#234;tue des habits de son pays et des ornements habituellement port&#233;s par son peuple. Elle a &#233;t&#233; vue par les principaux gens de Lettres de cette ville. Tous ont &#233;t&#233; fortement surpris par la vue d'un si merveilleux sp&#233;cimen de la race humaine. Elle a &#233;t&#233; amen&#233;e dans ce pays Hendrick Caezar, et leur s&#233;jour sera bref, &#224; partir de lundi prochain 24 septembre, au tarif de deux shillings par personne. &#187;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;The Morning Post&lt;/i&gt;, 20/09/1810.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
Ils arrivent tous deux &#224; Londres d&#233;but septembre 1810 apr&#232;s trois mois de travers&#233;e alors que Napol&#233;on I&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;er&lt;/sup&gt; impose un blocus continental contre le Royaume-Uni. Le 20 septembre, Hendrick Caezar fait para&#238;tre une petite annonce dans &lt;i&gt;The Morning Post&lt;/i&gt;, qui lance le d&#233;but de l'exhibition. Le g&#233;nie du Boers consiste a s'adresser &#224; un public populaire, &#224; Piccadilly et pour un prix d'entr&#233;e modeste, et non aux seules classes ais&#233;es en mal d'exotisme. La jeune femme est pr&#233;sent&#233;e l&#233;g&#232;rement v&#234;tue, danse &#224; la demande accompagn&#233;e de son instrument traditionnel, une goura, au fond d'une cage. Elle conna&#238;t imm&#233;diatement le succ&#232;s malgr&#233; l'humiliation, devant endurer regards, quolibets et r&#233;guli&#232;rement pincements de spectateurs encanaill&#233;s. Les chansonniers, les caricaturistes s'inspirent rapidement de son cas.&lt;dl class='spip_document_284 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;width:200px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L200xH266/BaartmanCaric-261f5.gif' width='200' height='266' alt='GIF - 24.7 ko' style='height:266px;width:200px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:200px;'&gt;&lt;strong&gt;Love &amp; Beauty&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:200px;'&gt;Sartjee the Hottentot Venus
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s octobre pourtant, commencent &#224; para&#238;tre dans les journaux des courriers d&#233;non&#231;ant les traitement qu'elle subit : l'Angleterre avait interdit la traite en 1807 et se voulait &#224; la pointe des combats philanthropique. Bient&#244;t, c'est l'&lt;i&gt;African Association&lt;/i&gt; qui se charge du dossier et porte plainte contre Hendrick Caezar.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;citation40&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; Une sc&#232;ne est dress&#233;e &#224; trois pieds au-dessus de sol. L'Hottentote s'y tient dans une cage, montr&#233;e comme une b&#234;te sauvage. Son gardien lui ordonne d'avancer, de reculer, d'aller et venir dans la cage plut&#244;t comme un ours encha&#238;n&#233; que sous l'aspect d'un &#234;tre humain... Elle pousse de profonds soupirs, paraissant anxieuse et mal &#224; l'aise, de plus en plus renfrogn&#233;e quand on lui demande de jouer d'un instrument de musique rudimentaire... Une fois, elle refusa de quitter sa cage. On vit alors le gardien lever sur elle une main mena&#231;ante... Elle est couverte d'un v&#234;tement de la m&#234;me couleur que sa chair, tr&#232;s serr&#233;, de mani&#232;re &#224; mouler les formes de son corps. Et les spectateurs sont invit&#233;s &#224; examiner ses particularit&#233;s anatomiques. &#187;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;The Times&lt;/i&gt;, 26/11/1810.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La jeune femme est entendue par la cour, mais menace ou volont&#233; de toucher enfin l'argent qui lui a &#233;t&#233; promis, elle assure qu'elle est l&#224; volontairement, bien trait&#233;e, et libre. La Justice n'a plus qu'&#224; classer l'affaire. Mais Hendrick Caezar a compris. L'opinion londonienne ne lui est plus favorable, il pr&#233;f&#232;re adopter un profil bas et commencer une tourn&#233;e de quatre ans &#224; travers l'Angleterre. En 1811, &#224; la recherche d'un certificat d'honorabilit&#233;, il fait baptiser Saartjie sous le nom de Sarah Baartman &#224; Manchester.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le succ&#232;s n'est plus au rendez-vous, aussi Hendrick Caezar c&#232;de t-il la jeune femme &#224; un certain Henry Tailor, qui arrive avec elle en France en septembre 1814. L'homme reprend le m&#234;me proc&#233;d&#233; que son pr&#233;d&#233;cesseur : petit annonce dans la rubrique &#171; Spectacle &#187; du &lt;i&gt;Journal de Paris&lt;/i&gt;, exhibition pour un prix modique dans un quartier populaire parisien, puis &#224; son tour la c&#232;de &#224; un troisi&#232;me &#171; impresario &#187;, fran&#231;ais cette fois. Elle appartient &#224; la troupe d'un certain R&#233;aux... un montreur d'animaux savants. C'est alors le fond de la d&#233;ch&#233;ance. Log&#233;e au n&#176;7 de la cour des Fontaines, o&#249;, dit on, les rats sont les mieux nourris de la capitale apr&#232;s ceux des Halles, elle est expos&#233;e dix heures par jours au n&#176;188 de la rue Saint-Honor&#233;. C'est une v&#233;ritable cour des miracles, entre les Halles et le Palais Royal, haut lieu des milieux interlope de Paris, entre bordels et tripots&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est par exemple ici que se trouvent le fameux caf&#233; des Milles-Colonnes, de (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le succ&#232;s est pourtant le m&#234;me qu'&#224; Londres, la jeune femme est m&#234;me r&#233;clam&#233;e &#8212; dit-on &#8212; pour animer les soir&#233;es de la haute-soci&#233;t&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les premiers jours de mars 1815, elle est finalement re&#231;u au Museum d'histoire naturelle &#171; pour observation &#187; en pr&#233;sence d'artistes et de savants, en particulier Etienne Geoffroy Saint-Hilaire et Georges Cuvier (qui n'ont pas encore commenc&#233; leur controverse sur le &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article158' class='spip_in'&gt;fixisme et le transformisme&lt;/a&gt;). Les deux savants sont unanimes : la jeune femme s'apparente plus au singe qu'&#224; l'Homme...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le succ&#232;s finit pourtant comme &#224; Londres par s'estomper. L'hiver 1815, particuli&#232;rement froid a raison de la sant&#233; de Satchwe. Min&#233;e par l'alcool dont l'abreuvent ses ma&#238;tres successifs pour l'ali&#233;ner, la jeune femme d&#233;c&#232;de dans la nuit du 29 d&#233;cembre 1815. R&#233;aux en avertit le Mus&#233;um d&#232;s le lendemain matin, avant m&#234;me de d&#233;clarer le d&#233;c&#232;s &#224; la mairie. Imm&#233;diatement, et contre la l&#233;gislation en vigueur, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire et Georges Cuvier s'emparent du corps pour dissection au nom du &#171; progr&#232;s des connaissances humaines &#187;. Le corps est autopsi&#233; le soir m&#234;me, un moulage en est pris, une partie des organes sont pr&#233;lev&#233;s pour conservation dans du formol, une autre partie dispara&#238;t. L'int&#233;r&#234;t scientifique est mince et finalement le moulage du corps termine &#224; l'image de la vie de Sarah Baartman, expos&#233; dans la salle d'anatomie compar&#233;e du mus&#233;um, au milieu des curiosit&#233;s anatomiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sort de Satchwe n'est pas sans faire penser &#224; celui de &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article152' class='spip_in'&gt;John Merrick, l'Homme-El&#233;phant&lt;/a&gt;, quelque cinquante ans plus tard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Hottentots et Bochimans sont deux peuples d'Afrique australe utilisant des langues apparent&#233;es, &#224; &lt;i&gt;clics&lt;/i&gt;, d'o&#249; le nom d'&lt;i&gt;hot-en-tot&lt;/i&gt; donn&#233; par les Hollandais, comme les Grecs nommaient les autres &lt;i&gt;bar-bars&lt;/i&gt;. Les &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article172' class='spip_in'&gt;Hottentots&lt;/a&gt; eux m&#234;mes se nomment &lt;i&gt;Kho&#239;kho&#239;&lt;/i&gt; (&#171; Hommes des Hommes &#187;), les &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article173' class='spip_in'&gt;Bochimans&lt;/a&gt; utilisant pour leur part le terme d'&lt;i&gt;Houswaanas&lt;/i&gt;, les premiers vivaient de l'&#233;levage, les seconds de chasse et de cueillette.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;C'est par exemple ici que se trouvent le fameux caf&#233; des Milles-Colonnes, de d&#233;cor v&#233;nitien, tenu dit-on, par la plus belle femme de Paris, M&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;me&lt;/sup&gt; Romain &#171; La Belle Limonadi&#232;re &#187;, dont fut un temps &#233;pris Vidocq.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'essentiel des informations de cette fiche sont issus du livre de G&#233;rard Badou,&lt;/i&gt; &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article171' class='spip_in'&gt;L'&#233;nigme de la V&#233;nus Hottentote&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;2000.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le &#171; tablier hottentot &#187;, et Hendrick Caezar, l&#224; plut&#244;t sympathique, sont &#224; la base de la seconde nouvelle de la&lt;/i&gt; Trilogie steampunk &lt;i&gt;de Paul Di Filippo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1890, le Diable Vert</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; le Diable est accus&#233; par les uns d'&#234;tre J&#233;suite, par les autres d'&#234;tre franc-ma&#231;on ... allez savoir, le Diable n'est pas de notre temps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Chronologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L106xH150/arton169-bcc74.jpg&quot; width='106' height='150' style='height:150px;width:106px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; le Diable est accus&#233; par les uns d'&#234;tre J&#233;suite, par les autres d'&#234;tre franc-ma&#231;on ... allez savoir, le Diable n'est pas de notre temps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La &#171; Belle &#201;poque &#187; aiguise les convoitises de toutes sortes de voleurs venus d'on ne sais o&#249;. L'un d'entre eux, surnomm&#233; le &#171; Diable Vert &#187; en raison du costume qu'il arborait se fit remarquer en 1890. La premi&#232;re apparition recens&#233;e de cet &#233;trange personnage se fit rue du Faubourg-Saint-Honor&#233;, au d&#233;pend de la belle Suzanne, une demi-mondaine allant chez sa modiste dans la voiture d&#233;couverte &#224; quatre chevaux du baron du Bois de l'Orme son amant. Le m&#234;me jour on le recroisa dans une grande banque proche de la Bourse, s'emparant des sacs de caisse et entra&#238;nant le suicide du guichetier. Le soir m&#234;me, il apparaissait &#224; l'op&#233;ra o&#249; l'on donnait &lt;i&gt;Faust&lt;/i&gt;, s'en prenant au collier de perle de la grande-duchesse de B&#233;rindol, aux bijoux du marchand de vin Fortoni et de sa femme.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;citation100&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; [On] ne trouva pas moins de six cents ouvrages consacr&#233;s au Diable Vert. Des journalistes, des savants, des m&#233;decins, des criminologistes avaient cherch&#233; &#224; &#233;lucider le myst&#232;re de ces apparitions et de ces vols. Les uns parlaient de magie noire, les autres de bande organis&#233;e. La Franc-ma&#231;onnerie, les j&#233;suites, la Main noire, &#233;taient mis en cause. [&#8230;] Le Diable Vert avait fait parler de lui bien plus que la b&#234;te du G&#233;vaudan, ou Mandrin ou Cartouche, et [&#8230;] il s'&#233;tait taill&#233; dans la tradition populaire une place plus grande que celle de Croquemitaine. Tous les assassinats impunis de l'an 1890 &#233;taient mis sur son compte, ainsi que quelques disparitions et rapts d'enfants. C'&#233;tait lui qui avait exp&#233;di&#233; la malle &#224; Gouf&#233;, lui qui ravitaillait la je&#251;nese du Puy qui pr&#233;tendait n'avoir pas mang&#233; depuis six ans, lui qui avait crev&#233; l'a&#233;rostat des fr&#232;res Chaptal alors qu'il atteignait l'altitude de quatre mille trois cents m&#232;tres, lui qui avait inspir&#233; les manifestations du 1&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;er&lt;/sup&gt; mai, lui qui avait failli pr&#233;cipiter par-dessus bord le pr&#233;sident Sadi-Carnot lors de sa visite &#224; l'escadre de Toulon, lui qui avait g&#226;t&#233; la r&#233;colte de pommes &#224; cidre en Normandie et provoqu&#233; les pluies qui avaient inond&#233; sept d&#233;partements du Midi. &#187;
&lt;p&gt;Ren&#233; Barjavel, &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article165' class='spip_in'&gt;&lt;i&gt;Le voyageur imprudent&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, p.188-189.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus &#233;trange fut sa derni&#232;re manifestation. Il apparut un jour dans la bijouterie de M. Gaston Roulet, rue de la Paix. L'honorable joaillier recevait alors un courtier de Pretoria, M. William Dubington, venu lui vendre des diamants.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_283 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:210px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L210xH139/RueDeLaPaix-dc7ef.gif' width='210' height='139' alt='GIF - 20.4 ko' style='height:139px;width:210px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:210px;'&gt;&lt;strong&gt;Rue de la Paix&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Sans doute le Fran&#231;ais se serait &#233;vanoui &#224; la simple &#233;vocation du spectre, mais l'Africain, avec le bon sens pratique qui caract&#233;rise les Boers, sortit prestement un couteau et frappa l'apparition, sans r&#233;ussir &#224; le blesser mais en d&#233;chirant sa combinaison. Pourquoi le Diable Vert n'utilisa pas sa capacit&#233; tant d&#233;montr&#233;e &#224; dispara&#238;tre, nul ne le sait. Il pr&#233;f&#233;ra cette fois l&#224; se lancer dans une fuite bien physique &#224; travers les boulevards o&#249; il sema la panique, mais fut finalement rattrap&#233; place de la Concorde par M. Dubington, bien d&#233;cid&#233; &#224; r&#233;cup&#233;rer les diamants qui ne lui avaient pas &#233;t&#233; pay&#233;s. Assomm&#233;, d&#233;pouill&#233; de sa combinaison et conduit au poste de police le plus proche, on trouva dans ses poches des objets &#233;tonnants : un livret militaire de &lt;i&gt;1939&lt;/i&gt; au nom de Pierre Saint-Menoux, n&#233; en &lt;i&gt;1910&lt;/i&gt; (!), une lettre qui portait un timbre au nom de &lt;i&gt;l'&#201;tat fran&#231;ais&lt;/i&gt; avec la t&#234;te d'un vieillard inconnu, des feuilles de papier divis&#233;es en petits carr&#233;s sur lesquels &#233;tait imprim&#233;s &#171; Pain &#187;, &#171; Pommes de terre &#187;, &#171; Viande &#187;, ou encore &#171; Mati&#232;res diverses &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Interrog&#233; au palais de Justice par le juge d'instruction M. Vigne, l'homme resta muet devant les questions qu'on lui posait, demandant seulement la pr&#233;sence, non d'un avocat, mais de distingu&#233;s membres de l'Acad&#233;mie des Sciences. Il perdit m&#234;me connaissance lorsque sa combinaison disparu d'entre les mains de l'homme de loi. Reconduit en cellule, on avait pris la pr&#233;caution exceptionnelle d'y placer un solide gardien de la paix pour &#233;viter toute tentative d'&#233;vasion. Inutilement, une heure plus tard on retrouvait le fonctionnaire assomm&#233; sur le sol, le Diable Vert s'&#233;tait envol&#233;. On n'entendit plus jamais parler de lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;vasion fit cependant un scandale comme on n'en avait plus vu depuis l'affaire des d&#233;corations en 1887, entra&#238;nant les d&#233;missions en cha&#238;ne du directeur de la prison, du pr&#233;fet de police, du ministre de l'int&#233;rieur et du garde des Sceaux, avant, finalement, de faire tomber le gouvernement. Diable...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ces exploits du Diable Vert sont extraits du roman de Ren&#233; Barjavel,&lt;/i&gt; &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article165' class='spip_in'&gt;Le voyageur imprudent&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;1943.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>100.000, une soci&#233;t&#233; ... humaine</title>
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		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on rencontre les petits enfants des petits enfants des petits enfants ... de vos petits enfants. Et vous en &#234;tes fiers ?!&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Chronologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on rencontre les petits enfants des petits enfants des petits enfants ... de vos petits enfants. Et vous en &#234;tes fiers ?!&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les informations de la fiche suivante sont des extraits des rapports du math&#233;maticien Pierre Saint-Menoux et du chimiste No&#235;l Essaillon, &#233;tablis &#224; l'aide du &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article166' class='spip_in'&gt;scaphandre spatio-temporel&lt;/a&gt; con&#231;u par ce dernier. Leur point chronologique de d&#233;part se situait le 6 juin 1942. &#192; l'appui de leurs dires, un certain nombre de films ont &#233;t&#233; rapport&#233;s et sont archiv&#233;s &#224; la biblioth&#232;que nationale sous les c&#244;tes 43-2072A &#224; 43-2076G.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Comment en sont-ils arriv&#233;s l&#224; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur de la transformation semble &#234;tre l'ann&#233;e 2052 lorsque la disparition de l'&#233;lectricit&#233; fit revenir les Hommes &#224; une soci&#233;t&#233; volontairement sans technologie. Pour autant, une nouvelle force fut utilis&#233;e pour faire avancer l'Humanit&#233; ...&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;citation100&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; Tous les &#234;tres humains, apr&#232;s 2052, furent plus ou moins dou&#233;s de cette force. Mais peu d'entre eux surent en tirer parti. Le premier qui l'utilisa volontairement et rationnellement fut un paysan nomm&#233; Fortun&#233; qui trouvait les travaux des champs p&#233;nibles. Il parvint &#224; se faire ob&#233;ir au premier mot, puis sans parler, non seulement des hommes, mais des animaux, enfin des choses. Les outils dont il avait besoin arrivaient dans sa main. Bient&#244;t il n'appela plus les outils, mais seulement sa pipe ou la cruche. Il demeurait sur son banc, au soleil. Vingt hommes travaillaient pour lui. Il asservit tout le village, et prit du ventre.
&lt;p&gt;Ceci se passait vers l'an 3110. Le roi Honor&#233; III, quarante-cinqui&#232;me successeur du patriarche Fran&#231;ois, fit compara&#238;tre devant lui Fortun&#233; et le condamna &#224; &#234;tre br&#251;l&#233; vif. Fortun&#233; surgit souriant des cendres du b&#251;cher. Le peuple qui lui avait crach&#233; dessus l'acclama, fit subir &#224; Honor&#233; le poids de sa col&#232;re, et installa sur le tr&#244;ne le miracul&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le nouveau souverain &#233;tait un bon vivant. Il voulut faire le bonheur de ses sujets. De tous ses sujets, sans injustice. Il commen&#231;a par rechercher quelques cerveaux puissants, constitua par leur r&#233;union une sorte d'accumulateur d'&#233;nergie mentale. Cet organisme portait dans la langue de l'&#233;poque le nom de bren-treuste. Les hommes de cerveau faible, c'est-&#224;-dire la multitude, subirent sa volont&#233;. Il commanda au roi lui-m&#234;me et l'absorba. Il devint le ma&#238;tre de l'humanit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;-
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et fonctionnelle.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle force fait perdre a chacun son individualit&#233; au profit de tous : tous sont tendus vers le bonheur du groupe, se sp&#233;cialisant dans ce que chacun sait le mieux faire. Chacun doit donc perdre ce qui pourrait faire son malheur, les sens inutiles qui pourraient apporter de la douleur, mais aussi tout ce qui est inutile au groupe.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;citation100&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; La population du globe s'est multipli&#233;e. Elle a modifi&#233; son habitat selon le m&#234;me principe de justice. Attaqu&#233;s par une formidable main-d'&#339;uvre, les montagnes ont &#233;t&#233; ras&#233;es, les oc&#233;ans combl&#233;s, les fleuves enterr&#233;s, les terres nivel&#233;es. Au circuit ext&#233;rieur de l'eau : pluie-rivi&#232;re-mer-nuage-pluie, a succ&#233;d&#233; une circulation interne. Les ruisseaux et les fleuves courent &#224; l'int&#233;rieur du globe en un mouvement perp&#233;tuel entretenu par les diff&#233;rences de temp&#233;rature du sous-sol. Des canaux creus&#233;s de main d'homme irriguent par-dessous les pr&#233;s et les vergers, donnent &#224; l'air par l'interm&#233;diaire des plantes, l'humidit&#233; n&#233;cessaire &#224; la vie, transportent la chaleur du feu central vers les p&#244;les et l'h&#233;misph&#232;re menac&#233; par l'hiver. Ainsi se trouve abolie cette in&#233;galit&#233; naturelle qui faisait b&#233;n&#233;ficier un Europ&#233;en du Sud d'un climat temp&#233;r&#233;, alors que son fr&#232;re Esquimau, n&#233; &#233;gal en droits, subissait les rigueurs du froid.&lt;br&gt;
Notre terre n'est plus reconnaissable. Toute plate, toute ti&#232;de, elle n'offrirait aucun attrait au touriste. Mais il n'y a plus de touriste au Me si&#232;cle, plus d'oisif, plus d'homme qui profite &#233;go&#239;stement du travail des autres et passe son temps &#224; son plaisir. &#187;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;-
&lt;p&gt;L'arasage du paysage s'est fait &#233;galement au d&#233;triment des esp&#232;ces vivantes inutiles, c'est-&#224;-dire toutes, hors des vaches et des porcs devenus herbivores. En contre partie, l'humanit&#233; s'est divis&#233;e. On peut signaler ainsi, d'apr&#232;s leurs fonctions, les bergers :&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;citation100&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; Il &#233;tait nu. Je m'appr&#234;tais &#224; dispara&#238;tre, mais il passa, me fr&#244;la, sans avoir manifest&#233; qu'il se f&#251;t aper&#231;u de mon existence. Son regard avait gliss&#233; sur moi avec une indiff&#233;rence min&#233;rale. J'eus l'impression affreuse d'&#234;tre regard&#233; par un &#234;tre d'un autre monde, par un spectre, un mort ou un dieu.&lt;br&gt;
Plusieurs hommes suivaient le premier, pareils &#224; lui dans leur nudit&#233; et leur calme. Ils marchaient &#224; grands pas lents et lourds, laissaient pendre leurs longs bras comme outils au repos. Ils arrivaient les uns derri&#232;re les autres, ne parlaient point, ne regardaient rien. Leur peau &#233;tait rude, couleur de vieux bois, sans un poil ni un cheveu.
&lt;p&gt;Si vous vous trouvez, tout &#224; coup, en face d'un de vos semblables d&#233;pourvu de v&#234;tements, sur quelle partie de son corps portez-vous aussit&#244;t vos yeux ?... Je n'&#233;chappai pas &#224; ce r&#233;flexe, d&#251; sans doute &#224; d'obscurs refoulements. Mais rien ne s'offrit &#224; ma vue. Le bas de ces ventres bruns &#233;tait lisse et nu. [&#8230;] Les muscles fessiers de ces &#234;tres &#233;taient soud&#233;s en une seule masse demi-sph&#233;rique, polie commun un vieux cuir. L'anus, lui aussi avait disparu.&lt;br&gt;
Par contre, la poitrine s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e vers le bas, aux d&#233;pens de l'abdomen r&#233;sorb&#233;. Les c&#244;tes descendaient jusqu'aux cuisses. L'homme de l'an cent mille n'avait plus de tripes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;-
&lt;p&gt;ou encore &#171; les ventres &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;citation100&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; &#192; terre, des outres bleu&#226;tres, dont certaines paraissaient pleines et d'autres vides, &#233;taient rang&#233;es en files sur une couche d'herbe s&#232;che. J'estimai leur nombre &#224; deux ou trois milliers.&lt;br&gt;
Un des bergers entr&#233;s avec moi conduisit sa vache vers une de ces outres flasques, et introduisit le t&#233;tin de l'animal dans un trou du r&#233;cipient. J'entendis avec &#233;tonnement un bruit de succion. Je m'approchai. Ce n'&#233;tait pas un trou, mais une bouche qui su&#231;ait le pis de la b&#234;te ! Autour de cette bouche s'&#233;talait une sorte de visage humain, plat comme une cr&#234;pe, une face lunaire, sans cr&#226;ne, ni cou, &#224; peine distincte de l'abdomen dans lequel se vidait la mamelle.&lt;br&gt;
La bouche su&#231;ait comme celle d'un b&#233;b&#233; affam&#233;. Les yeux sans &#226;me exprimaient une sorte de plaisir passif, teint&#233; d'abrutissement, et me rappelaient cette expression qu'on voit dans les restaurants aux hommes seuls &#224; table, qui ne lisent ni ne parlent et ne sont occup&#233;s qu'&#224; m&#226;cher.&lt;br&gt;
J'entendais le gargouillis du liquide qui coulait &#224; l'int&#233;rieur de l'&#234;tre affam&#233;. De part et d'autre de son ventre pendaient, atrophi&#233;s &#224; une &#233;chelle de poup&#233;e, des jambes et des bras mous.&lt;br&gt;
Le c&#339;ur soulev&#233;, je dus me rendre &#224; l'&#233;vidence : ces outres &#233;pandues sur la paille, ces r&#233;cipients, ces ventres sans cervelle, sans muscles, sans os, &#233;taient eux aussi des hommes ! Ces monstres que je foulais de mes bottes invisibles, &#233;tait peut-&#234;tre n&#233; de mon sang...&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;-
&lt;p&gt;Le lecteur int&#233;ress&#233; par de plus larges descriptions, celles des &#171; hommes &#187; charg&#233;s de l'engloutissement des porcs ou des fruits, celles de la dangereuse caste des guerriers, celles des terrassiers, celles du syst&#232;me de reproduction ou de contr&#244;le de la soci&#233;t&#233;, ce lecteur interess&#233; se reportera aux rapports index&#233;s aux films dont les r&#233;f&#233;rences ont &#233;t&#233; donn&#233;es ci-dessus.
Notons enfin que No&#235;l Essaillon r&#233;digea gr&#226;ce &#224; ces voyages un &lt;i&gt;Essai sur l'&#233;volution de l'esp&#232;ce humaine&lt;/i&gt;, prenant la suite des &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article159' class='spip_in'&gt;travaux de Darwin&lt;/a&gt;, qui fut achev&#233; apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, par Pierre Saint-Menoux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les descriptions de la soci&#233;t&#233; de l'an 100.000 sont issues du roman de Ren&#233; Barjavel,&lt;/i&gt; &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article165' class='spip_in'&gt;Le voyageur imprudent&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;1943.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>No&#235;lite</title>
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		<dc:date>2010-07-21T09:29:21Z</dc:date>
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		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on rencontre encore une invention qui porte le nom de son inventeur, la modestie n'&#233;tant pas le propre de l'homme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;Mati&#232;res&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on rencontre encore une invention qui porte le nom de son inventeur, la modestie n'&#233;tant pas le propre de l'homme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;citation40&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; &#8212; Si vous absorbez une de ces pilules, dit Essaillon, vous &#234;tes aussit&#244;t rajeuni, selon sa couleur, d'une heure, d'un jour, d'une semaine, d'une lune, d'un an.&lt;br&gt;
Il tira une seconde bo&#238;te de sa poche. Elle contenait d'autres pilules, de forme oblongue.&lt;br&gt;
&#8212; Ces ovules produisent l'effet contraire. Ils acc&#233;l&#232;rent l'avance vers l'avenir.&lt;br&gt;
Il choisit dans les bo&#238;tes deux pilules violettes et deux ovules de m&#234;me couleur, les posa devant Saint-Menoux.&lt;br&gt;
&#8212; Tentez l'exp&#233;rience, dit-il.
&#8212; Moi ? fit le caporal stup&#233;fait.
&#8212; Oui, je n'ai que cette fa&#231;on de vous convaincre. Voici de quoi faire vers le pass&#233; un bon de deux heures, et de quoi revenir aussit&#244;t si vous le d&#233;sirez. Vous d&#233;cidez-vous ? [&#8230;]&lt;br&gt;
Saint-Menoux se d&#233;cida brusquement et posa sa main maigre sur les quatre pilules. La curiosit&#233; l'emportait sur la crainte du ridicule ou du mal.&lt;br&gt;
&#8212; Tr&#232;s bien ! fit Essaillon.&lt;br&gt;
Annette apporta une enveloppe. Le jeune homme y glissa les deux ovules, la mit dans sa poche, saisit les pilules rondes et les avala.
&lt;p&gt;Il se sentit brusquement tir&#233; dans le dos par une force effroyable. Il jaillit de sa chaise, la lumi&#232;re sombre, une porte claqua, un vent glac&#233; ronfla dans ses oreilles, un vent hurlant plein de jurons, de cris et de mille galops. La neige lui r&#226;pa le visage. Il sentit qu'il avait tr&#232;s froid aux pieds et aux doigts. Il sut qu'il allait tousser. Il toussa. Du haut de sa roulante, Pilastre l'interpella :&lt;br&gt;
&#8212; Caporal, vous croyez qu'on arrivera cette nuit ?&lt;br&gt;
&#8212; On arrivera quand on pourra, mon pauvre vieux !&lt;br&gt;
Avant que ces mots fussent sortis de sa bouche, il les reconnut. Il avait d&#233;j&#224; r&#233;pondu la m&#234;me phrase. Il attendit le r&#233;flexe du conducteur. Le &#171; Merde, alors ! &#187; arriva juste &#224; son quart de seconde. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ren&#233; Barjavel, &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article165' class='spip_in'&gt;&lt;i&gt;Le voyageur imprudent&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, p.21-24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;dl class='spip_document_281 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;width:140px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L140xH205/Essaillon-065a3.gif' width='140' height='205' alt='GIF - 17.8 ko' style='height:205px;width:140px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:140px;'&gt;&lt;strong&gt;No&#235;l Essaillon&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'invent&#233; tardivement &#8212; &#224; la fin des ann&#233;es 1930, par le chimiste No&#235;l Essaillon, il n'est pas impossible que la no&#235;lite fut connue par certains au XIX&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; : un &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article165' class='spip_in'&gt;imprudent voyageur&lt;/a&gt; temporel, Pierre Saint-Menoux, fit en effet des sauts en 1890 qui firent grand bruit : les fameux &#233;pisodes des &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article169' class='spip_in'&gt;apparitions du &#171; Diable vert &#187;&lt;/a&gt;, qui apport&#232;rent l'invention dans la Nouvelle Europe cinquante ans avant sa mise au point.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mieux vaudrait d'ailleurs parler d'invention&lt;i&gt;s&lt;/i&gt; et de no&#235;lite&lt;i&gt;s&lt;/i&gt; &#8212; au pluriel. Les no&#235;lites n&#176;1 et 2, invent&#233;es &#224; la fin des ann&#233;es 1930, se pr&#233;sentant sous forme de pilules &#224; ing&#233;rer, permettaient au voyageur de faire des bonds dans sa propre histoire, soit pass&#233;e, soit &#224; venir. Ce dernier cas &#233;tait particuli&#232;rement risqu&#233; puisqu'il ne fallait pas d&#233;passer la date de sa mort, au risque de ne pouvoir revenir ... Pour autant, ces sauts dans le futur donnaient &#224; l'utilisateur la &#171; m&#233;moire &#187; de tous les actes advenus en temps normal, entre le moment du d&#233;part et celui de l'arriv&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La no&#235;lite n&#176;3, mise au point elle au d&#233;but des ann&#233;es 40 offre une innovation fondamentale. Tandis que la no&#235;lite n&#176;1 se r&#233;f&#233;rait au pass&#233;, la n&#176;2 au futur, la no&#235;lite n&#176;3 permet de figer le pr&#233;sent. Elle stoppe tout mouvement, tout processus de vieillissement ou de d&#233;gradation, tout processus de vie. Appliqu&#233;e telle une peinture &#224; l'int&#233;rieur d'une boite, elle permet d'y conserver &lt;i&gt;&#233;ternellement&lt;/i&gt; tout organisme vivant, comme &lt;i&gt;hors du temps&lt;/i&gt;, rappel&#233; &#224; la vie quant on l'y en sort. Le seul moyen d'en sortir &#8212; ou d'y entrer d'ailleurs &#8212;, &#233;tant d'y projeter une violente lumi&#232;re particuli&#232;re, de couleur verte, annulant les effets de l'invention.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux applications pratiques en furent tir&#233;es. La premi&#232;re, exp&#233;riment&#233;e une (unique ?) fois en Asie, int&#233;ressait les militaires : de la no&#235;lite n&#176;3 fut d&#233;vers&#233;e en pluie sur un petit village, figeant se qu'elle touchait, condamnant &#224; mort les &#234;tres vivants contamin&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;citation100&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; &#8212; Une pluie noire qui ne mouille pas &#8230; Une pluie d'encre impalpable. Mais l'homme qui en a re&#231;u quelques gouttes sur la main, et qui veut approcher ses doigts de son visage, s'aper&#231;oit avec effroi qu'il ne peut plus bouger sa main. Elle est clou&#233;e &#224; l'air, clou&#233;e au pr&#233;sent immuable. Il ne peut plus remuer la t&#234;te. Il a de la no&#235;lite dans les cheveux, sur les &#233;paules. Il est ligot&#233;. Il hurle d'&#233;pouvante. Toute la ville hurle. Tous les &#234;tres vivants, atteints par-ci par-l&#224;, continuent &#224; devenir, avec la partie de leur corps qui n'a pas &#233;t&#233; touch&#233;e, tandis qu'une autre partie s'immobilise dans le temps. &#192; la place d'un bras, d'un nez, ils n'ont plus qu'une ombre sans poids fix&#233;e dans l'espace comme un ciment. Le sol des rues est jonch&#233; de taches t&#233;n&#233;breuses. Les maisons sont &#224; moiti&#233; fant&#244;mes. Les arbres des avenues ont des feuilles noires, que le vent n'agite plus. Une temp&#234;te agite le fleuve dont l'eau non atteinte doit se frayer un chemin parmi l'eau fig&#233;e. L'air est travers&#233;e de millions de barres de t&#233;n&#232;bres. Chaque goutte de no&#235;lite, en tombant, a port&#233; jusqu'au sol une mince colonne d'ombre que nul ne peut briser ni franchir, f&#251;t-elle de l'&#233;paisseur d'un cheveu. Tout ce qui vit, tout ce qui d'ordinaire se meut, est clou&#233; par des fl&#232;ches au pr&#233;sent immobile.&lt;br&gt;
&#171; Hommes et b&#234;tes meurent, parce que les c&#339;urs ou les cerveaux s'arr&#234;tent, parce qu'une art&#232;re principale est obstru&#233;e, parce que les nerfs ne commandent plus &#224; la vie de continuer. Ceux qui sont moins atteints connaissent, apr&#232;s les souffrances de l'immobilit&#233;, celles de la faim et de la soif. Les rues sont peupl&#233;es d'une foule d'&#234;tres englu&#233;s qui s'agitent, essaient en vain de s'arracher &#224; cette horreur. [&#8230;] Bient&#244;t la mort &#233;tend sa main silencieuse sur la ville. Dans les rues, des cadavres pendent, accroch&#233;s en l'air par les morceaux de chair que la no&#235;lite &#224; touch&#233;s. La pourriture, peu &#224; peu, les en arrache. Le sol est jonch&#233; de viandes putr&#233;fi&#233;es, d'os d&#233;charn&#233;s, tandis que l'air reste peupl&#233; de profils, d'oreilles, de chevelures, de seins, de doigts noirs, fig&#233;s, &#233;ternels, reli&#233;s au ciel par la pluie immobile du pr&#233;sent ... &#187;&lt;br&gt;
Le poste, depuis quelques minutes, s'&#233;tait tu. Essaillon se tut &#224; son tour, &#244;ta ses lunettes, passa sa main sur son front et sur ses yeux.&lt;br&gt;
&#8212; C'est affreux ! fit Saint-Menoux &#224; voix basse.&lt;br&gt;
&#8212; Oui, c'est affreux, acquies&#231;a l'infirme ; affreux, mais vraiment prodigieux, n'est-ce pas ? &#187;
&lt;p&gt;Ren&#233; Barjavel, &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article165' class='spip_in'&gt;&lt;i&gt;Le voyageur imprudent&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, p.49-50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La seconde application, plus pacifique, consiste en un scaphandre souple de voyageur spatio-temporel, impr&#233;gn&#233; de no&#235;lite 3 pour pr&#233;server le porteur, et dot&#233; d'un m&#233;canisme agissant sur de la no&#235;lite 1 ou 2 pour aller et venir dans le temps &#8212; hors donc de l'histoire propre du voyageur, contrairement aux pilules de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente. Un &#171; vibreur &#187; enclench&#233; ou pas, lui permet d'int&#233;grer le monde dans lequel il arrive, o&#249; de rester ext&#233;rieur &#224; lui, tel un passe-muraille et sans sensation des temp&#233;ratures ou des odeurs, mais totalement invisible.
Le moindre accroc &#224; la combinaison promet cependant le voyageur &#224; une mort certaine, comme la &#171; r&#233;incarnation &#187; &#224; travers un obstacle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La destination g&#233;ographique est relativement difficile &#224; contr&#244;ler : elle tient au subconscient du voyageur et non &#224; son point d'origine. La meilleur fa&#231;on d'aboutir l&#224; o&#249; l'on voudrait, est de visualiser au moment du d&#233;part une photographie du lieu de destination, ou celle d'un &#233;l&#233;ment symbolique (le Palais Bourbon par exemple, pour arriver dans un lieu de pouvoir de l'&lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article167' class='spip_in'&gt;an 100.000&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;La no&#235;lite est une invention du roman fantastique de Ren&#233; Barjavel, &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article165' class='spip_in'&gt;&lt;i&gt;Le voyageur imprudent&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 1958.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Voyageur imprudent (Le)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;par R. Barjavel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;Roman&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L94xH150/arton165-cf0aa.png&quot; width='94' height='150' style='height:150px;width:94px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Auteur&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; Ren&#233; Barjavel &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Date&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 1943 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;Editeur&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; Deno&#235;l, coll. Folio &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Nb de pages&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 245 p. &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Type&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; Roman fantastique &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; &lt;strong&gt;ISBN&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 2-07-036485-2 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Bref r&#233;sum&#233; du roman.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le voyageur imprudent&lt;/i&gt; est un classique de la science-fiction. Bien qu'hors p&#233;riode pour le cadre &lt;i&gt;steampunk&lt;/i&gt; (ce n'est pas le bref passage en 1890 qui pourrait le rattacher s&#233;rieusement au XIX&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle), il nous a sembl&#233; important d'en produire ici une fiche parce que ce roman un pilier de la litt&#233;rature des voyages dans le temps. Il se d&#233;coupe en trois parties (plus une postface de 1958) quasiment ind&#233;pendantes bien que personnages et technologies soient conserv&#233;s. La premi&#232;re (&#171; L'apprentissage &#187;) est un roman fantastique classique mais agr&#233;able, qui narre la rencontre entre un chimiste infirme, No&#235;l Essaillon, sa fille Annette, et un jeune math&#233;maticien, Pierre Saint-Menoux, au c&#339;ur de la Seconde guerre mondiale. Essaillon est l'inventeur d'une substance permettant de voyager dans le temps, la &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article166' class='spip_in'&gt;no&#235;lite&lt;/a&gt;, Saint-Menoux sera le voyageur. Les sauts se dirigent essentiellement vers l'ann&#233;e 2052, ann&#233;e de la grande catastrophe racont&#233;e dans un autre roman de Barjavel, &lt;i&gt;Ravage&lt;/i&gt;. La seconde partie (&#171; Le voyage entomologique &#187;) est le r&#233;cit des sauts de Saint-Menoux vers &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article167' class='spip_in'&gt;l'an 100.000&lt;/a&gt;. C'est l&#224; une utopie sur l'&#233;volution biologique des soci&#233;t&#233;s humaines apr&#232;s la catastrophe de 2052. La troisi&#232;me partie, enfin, (&#171; L'imprudence &#187;), raconte les sauts vers le &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article169' class='spip_in'&gt;XIX&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt; de Saint-Menoux, et d&#233;veloppe les paradoxes temporels li&#233;s &#224; la modification de ce pass&#233; (en particulier la mort d'un anc&#234;tre du voyageur).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Bio-bibliographie.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_282 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:150px;'&gt;
&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L150xH231/Barjavel-e0b4d.gif' width='150' height='231' alt=&quot;&quot; style='height:231px;width:150px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;Originaire d'une famille modeste de la Dr&#244;me, Ren&#233; Barjavel (1911-1985) doit apr&#232;s le baccalaur&#233;at en 1929 multiplier les petits m&#233;tiers pour vivre. Lorsqu'il monte &#224; Paris en 1935, il se fait embaucher comme emballeur chez l'&#233;diteur Deno&#235;l, mais gravit peu &#224; peu les &#233;chelons de la maison d'&#233;dition jusqu'&#224; en assurer la direction &#224; la lib&#233;ration lorsque Robert Deno&#235;l est accus&#233; de collaboration (lui m&#234;me a fait para&#238;tre &lt;i&gt;Le Voyageur imprudent&lt;/i&gt; en feuilleton dans &lt;i&gt;Je suis partout&lt;/i&gt;). Il participe alors &#224; quelques films avant que &lt;i&gt;La Nuit des Temps&lt;/i&gt; (1968) ne le r&#233;v&#232;le comme un grand &#233;crivain populaire. Il fait partie des pr&#233;curseur de la science-fiction &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; (&lt;i&gt;Ravage&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le voyageur imprudent&lt;/i&gt; datent de 1943), d&#233;veloppant une vision inqui&#232;te face au progr&#232;s.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;i&gt;Ravage&lt;/i&gt;, 1943.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;i&gt;La Nuit des temps&lt;/i&gt;, 1968.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;i&gt;Les Chemins de Katmandou&lt;/i&gt;, 1969.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;i&gt;L'Enchanteur&lt;/i&gt;, 1984.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Incipit&lt;/h3&gt;
&lt;div class=&quot;citation100&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; Il faisait un froid de guerre. Au petit matin, le sergent Most&#233; d&#233;couvrit un soldat, demi-nu, tordu en travers des feuill&#233;es. Le gel qui montait de la neige l'avait empoign&#233; &#224; mort. Ses cuisses sonnaient au doigt comme des planches. Quatre hommes l'emport&#232;rent. Celui qui le prit par la t&#234;te lui cassa les oreilles.&lt;br&gt;
Les chasseurs pyr&#233;n&#233;ens du 27&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; bataillon occupaient depuis deux mois le village de Vanesse, au bord de la plaine de betteraves. Ils devaient le quitter ce jour-l&#224;, pour une destination inconnue. Le caporal d'&#233;chelon Pierre Saint-Menoux, enfoui dans la paille de l'&#233;curie, dormit peu, tourment&#233; par le souci de son septi&#232;me d&#233;m&#233;nagement. Il &#233;tait responsable des dix-sept conducteurs de la compagnie de mitrailleuses, de leurs chevaux et de leurs voitures. Dans le civil, il enseignait les math&#233;matiques au lyc&#233;e Philippe-Auguste.&lt;br&gt;
Sa grande inqui&#233;tude provenait des cuisines. Les cuistots sont toujours en retard. Il secoua la paille, s'en fut vers la roulante. Il grelottait. Il essayait de rapetisser son grand corps maigre, pour offrir moins de prise au froid. Les mains enfonc&#233;es dans les poches de sa capote, le dos rond, le b&#233;ret enfonc&#233; jusqu'aux joues, il traversa la cour de la ferme en courant, les jambes raides, comme un h&#233;ron. &#187;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>1855, Synopsis.</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on cherche &#224; embrasser, d'un coup d'&#339;il, l'ensemble des &#233;v&#232;nements marquants de l'ann&#233;e 1855.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Chronologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; l'on cherche &#224; embrasser, d'un coup d'&#339;il, l'ensemble des &#233;v&#232;nements marquants de l'ann&#233;e 1855.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Hiver - Printemps&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;26 janvier : France :&lt;/strong&gt; Suicide (?) de G&#233;rard de Nerval, 47 ans, po&#232;te fran&#231;ais, retrouv&#233; pendu &#224; une grille rue de la Vieille-Lanterne, pour &#171; d&#233;lier son &#226;me dans la rue la plus noire qu'il p&#251;t trouver &#187; (Baudelaire).
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;5 mai : Afrique :&lt;/strong&gt; D&#233;but du r&#232;gne de Th&#233;odoros II, premier n&#233;gus moderne d'&#201;thiopie. Son r&#232;gne prend fin en 1868 suite &#224; l'exp&#233;dition britannique en &#201;thiopie pour d&#233;livrer des Europ&#233;ens retenus en otage. Triste fin : apr&#232;s la prise de sa capitale Magdala, il se suicide d'une balle d'un pistolet offert par la reine Victoria &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;citation100&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&lt;strong&gt;Guerre de Crim&#233;e.&lt;/strong&gt;
La p&#233;ninsule de Crim&#233;e, ottomane depuis le XV&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, avait &#233;t&#233; annex&#233;e par Catherine II de Russie &#224; la fin du XVIII&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt;. La Guerre de Crim&#233;e qui se d&#233;roule de 1854 &#224; 1856 proc&#232;de des m&#234;mes protagonistes : sous pr&#233;texte de protection des populations orthodoxes, le Russe Nicolas 1&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;er&lt;/sup&gt; pr&#233;tend profiter de la faiblesse des Turcs pour s'imposer &#224; Istanbul et permettre &#224; sa flotte de Mer noire de sortir de sa flaque par les d&#233;troits du Bosphore et des Dardanelles. Ni la France ni le Royaume-Uni, pour des raisons diff&#233;rentes, ne peuvent l'accepter et les deux puissances d&#233;clarent la guerre &#224; la Russie le 27 mars 1854. Les troupes franco-anglaises d&#233;barquent en septembre et commencent le si&#232;ge de S&#233;bastopol en octobre.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_235 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L250xH184/ChuteSebastopol-8737f.gif' width='250' height='184' alt=&quot;&quot; style='height:184px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;Fin janvier : Camillo Cavour engage le Pi&#233;mont dans l'alliance franco-britannique.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; Mars-juin : N&#233;gociation de Vienne, rompues par la Russie devant les exigences des alli&#233;s.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; 7 septembre : Bataille de Malakoff. MacMahon enl&#232;ve l'ouvrage, point central de la d&#233;fense de S&#233;bastopol. Le 10, la ville tombe.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; 22 septembre : Le g&#233;n&#233;ral de brigade Fran&#231;ois Achille Bazaine est nomm&#233; commandant sup&#233;rieur de la place de S&#233;bastopol.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; 29 d&#233;cembre : Ultimatum autrichien &#224; la Russie en faveur de la paix.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;.
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Printemps-Et&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;Asie :&lt;/strong&gt; Les Gurkhas du N&#233;pal, dirig&#233;s par le puissant ministre Jung Bahadur Rana, occupent les districts frontaliers au sud du Tibet ; cette invasion entra&#238;ne des combats avec les troupes tib&#233;taines. Un trait&#233; complexe reconsid&#233;rera les relations entre les deux pays en 1856.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_55 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:155px;'&gt;
&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L155xH253/brouillard-91716.gif' width='155' height='253' alt=&quot;&quot; style='height:253px;width:155px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;strong&gt;Asie :&lt;/strong&gt; Tenpai Wangchuk devient le huiti&#232;me panchen-lama, deuxi&#232;me plus haut chef spirituel du bouddhisme tib&#233;tain apr&#232;s le dala&#239;-lama (il meurt en 1882).
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;Royaume-Uni :&lt;/strong&gt; La &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article61' class='spip_in'&gt;Grande Puanteur&lt;/a&gt; envahit Londres, d&#233;sert&#233;e par tous les habitants qui le peuvent. La ville au bord de la r&#233;volte urbaine, est plac&#233;e en &#233;tat de si&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;16 mars : France :&lt;/strong&gt; Naissance du prince imp&#233;rial, Napol&#233;on Eug&#232;ne Louis Jean Joseph Bonaparte.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;16-21 avril : France - Royaume-Uni :&lt;/strong&gt; Voyage triomphal du couple imp&#233;rial &#224; Londres.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;18 avril : France :&lt;/strong&gt; Classification officielle des vins de Bordeaux. En septembre, le Ch&#226;teau Cantemerle a &#233;t&#233; ajout&#233; comme cinqui&#232;me cru.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;28 avril : France :&lt;/strong&gt; Napol&#233;on III &#233;chappe &#224; la tentative d'assassinat de Giovanni Pianori. Originaire des &#201;tats pontificaux, il tire deux coups de pistolet en direction de l'empereur aux Champs-Elys&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;Mai-juin : Am&#233;rique :&lt;/strong&gt; Premier conseil de Walla Walla entre le gouvernement des &#201;tats-Unis et les tribus am&#233;rindiennes du Nord-Ouest (Cayuse, Nez-Perc&#233;s, Umatilla, Walla Walla et Yakama).
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;15 mai : France :&lt;/strong&gt; Ouverture de l'Exposition universelle de Paris. Elle tient place jusqu'au 15 novembre.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;1&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;er&lt;/sup&gt; juin : France :&lt;/strong&gt; Le po&#232;te Charles Baudelaire publie &lt;i&gt;Les Fleurs du mal&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;La Revue des Deux Mondes&lt;/i&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_236 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:250px;'&gt;
&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L250xH169/BoatRace-5436a.gif' width='250' height='169' alt=&quot;&quot; style='height:169px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;strong&gt;21 juillet : Am&#233;rique :&lt;/strong&gt; La deuxi&#232;me &#233;dition de la r&#233;gate universitaire entre Harvard et Yale voit la victoire des premiers en 22'47''. Il n'y a pas eu par contre cette ann&#233;e de &lt;i&gt;Boat Race&lt;/i&gt; entre Oxford et Cambridge sur la Tamise, l'incident diplomatique de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente ayant fait r&#233;fl&#233;chir le &lt;i&gt;Foreign Office&lt;/i&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;7 ao&#251;t : Am&#233;rique :&lt;/strong&gt; Cr&#233;ation de la colonie fouri&#233;riste du Texas sous le nom de &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; de la R&#233;union&lt;/i&gt;, organis&#233;e &#224; l'initiative des Fran&#231;ais Victor et Clarisse Consid&#233;rant, apr&#232;s avoir quitt&#233; la France comme bon nombre de r&#233;publicains apr&#232;s le Coup d'&#201;tat du 2 d&#233;cembre 1851.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;17-28 ao&#251;t : Royaume-Uni - France :&lt;/strong&gt; La reine Victoria du Royaume-Uni et son mari le prince Albert sont re&#231;us &#224; Paris sous les acclamations. C'est la premi&#232;re visite d'un monarque britannique en France depuis 400 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_234 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L500xH147/VictoriaEugenie-6d217.png' width='500' height='147' alt=&quot;&quot; style='height:147px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Automne - Hiver&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L19xH18/puce-cebf5.gif&quot; width='19' height='18' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:18px;width:19px;' /&gt; &lt;strong&gt;17 novembre : Afrique :&lt;/strong&gt; L'explorateur britannique David Livingstone d&#233;couvre les chutes Victoria en Afrique m&#233;ridionale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Darwinismes</title>
		<link>http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article159</link>
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		<dc:date>2010-07-15T13:16:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caracalla</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si la pilosit&#233; est un avantage dans la lutte pour la vie, et que la th&#233;orie de l'&#233;volution s'applique aux soci&#233;t&#233;s humaines, on comprend mieux pourquoi la bourgeoisie triomphante s'affuble d'incroyables rouflaquettes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;Th&#233;ories&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L100xH150/arton159-1254d.png&quot; width='100' height='150' style='height:150px;width:100px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si la pilosit&#233; est un avantage dans la lutte pour la vie, et que la th&#233;orie de l'&#233;volution s'applique aux soci&#233;t&#233;s humaines, on comprend mieux pourquoi la bourgeoisie triomphante s'affuble d'incroyables rouflaquettes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1859 para&#238;t &#8212; enfin ! &#8212; la publication qu'attend depuis longtemps la petite soci&#233;t&#233; savante anglaise qui fr&#233;quente la &lt;i&gt;Linnean Society&lt;/i&gt; de Londres. Un an plus t&#244;t, le 1&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 1858 pr&#233;cis&#233;ment, Charles Darwin s'&#233;tait fendu l&#224; d'une communication commune avec Alfred Russel Wallace devant l'insistance de son ami le g&#233;ologue Charles Lyell. L'histoire avait commenc&#233; presque trente ans plus t&#244;t, lorsque le jeune Charles Darwin (il avait 22 ans) s'&#233;tait embarqu&#233; comme naturaliste non appoint&#233; &#224; bord du navire &lt;i&gt;The Beagle&lt;/i&gt; command&#233; par le capitaine Fitzroy, avec dans ses bagages un ouvrage dudit Lyell.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_276 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:350px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L350xH148/VoyageBeagle-3790f.png' width='350' height='148' alt='PNG - 26.9 ko' style='height:148px;width:350px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le voyage du Beagle (1831-1836)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le voyage autour du monde avait dur&#233; cinq ans. Dans l'archipel du Cap Vert, Darwin avait v&#233;rifi&#233; les &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article158' class='spip_in'&gt;th&#233;ories transformistes&lt;/a&gt; de Lyell ; en Am&#233;rique du Sud il avait mis en &#233;vidence les similitudes entre certains fossiles et les mammif&#232;res y vivant toujours ; dans les &#238;les Galapagos surtout, il avait eu l'intuition des processus qui conduisent &#224; la distribution g&#233;ographique des esp&#232;ces ; &#224; Tahiti, il avait travaill&#233; sur les r&#233;cifs coralliens. Il en revient avec un &lt;i&gt;Journal de recherches&lt;/i&gt; qui lui fournit l'essentiel des mat&#233;riaux utilis&#233;s par sa future th&#233;orie, et lui permet de se faire &#233;lire au Conseil de la &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; g&#233;ologique de Londres&lt;/i&gt;. Install&#233; dans la capitale, il fr&#233;quente les milieux &lt;i&gt;whigs&lt;/i&gt; et en particulier le savant &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article90' class='spip_in'&gt;Charles Babbage&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_277 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:160px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L160xH212/DarwinSinge-1444c.gif' width='160' height='212' alt='GIF - 18.3 ko' style='height:212px;width:160px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:160px;'&gt;&lt;strong&gt;&quot;Un v&#233;n&#233;rable Orang-outang&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:160px;'&gt;Magazine satirique &lt;i&gt;The Hornet&lt;/i&gt;, 22 mars 1871.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;On raconte que Darwin diff&#232;re la parution de son essai &lt;i&gt;Sur l'origine des esp&#232;ces par les soins de la s&#233;lection naturelle, ou la pr&#233;servation des races favoris&#233;es dans la lutte pour la vie&lt;/i&gt; jusqu'en 1859 pour ne pas peiner sa femme tr&#232;s croyante. Et s'il se d&#233;cide &#224; une communication l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, c'est seulement pour ne pas se faire prendre de vitesse par A. R. Wallace. L'ouvrage est imm&#233;diatement un grand succ&#232;s de librairie : il est r&#233;imprim&#233; six fois entre 1859 et 1872, traduit en fran&#231;ais en 1862. Quoiqu'il en soit, Darwin se garde bien d'&#233;voquer le cas de l'Homme ; il n'ose aborder le sujet avant &lt;i&gt;La Filiation de l'homme et la s&#233;lection li&#233;e au sexe&lt;/i&gt; en 1871. Les critiques sont pourtant vives et la communaut&#233; scientifique se divise tr&#232;s vite en deux. Du c&#244;t&#233; des darwiniens, les botanistes Joseph Dalton Hooker et Thomas Henry Huxley (le &#171; bouledogue de Darwin &#187;) ; contre lui le biologiste et pal&#233;ontologue Richard Owen ou encore l'&#233;v&#234;que d'Oxford, Samuel Wilberforce. Car les &#233;glises tr&#232;s rapidement prennent position contre la th&#233;orie de l'&#233;volution : un concile catholique r&#233;uni &#224; Cologne condamne Darwin en 1860. En France, Darwin est soutenu par Ernest Renan, combattu par Victor Hugo.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Th&#233;orie de l'&#233;volution.&lt;/h3&gt;
&lt;div class=&quot;citation40&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationh&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationG&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationD&quot;&gt;&lt;div class=&quot;citationb&quot;&gt;&#171; Un homme qui est n&#233; dans un monde d&#233;j&#224; occup&#233;, s'il ne lui est pas possible d'obtenir de ses parents les subsistances qu'il peut justement leur demander, et si la soci&#233;t&#233; n'a nul besoin de son travail, n'a aucun droit de r&#233;clamer la moindre part de nourriture et, en r&#233;alit&#233;, il est de trop. Au grand banquet de la nature, il n'y a point de couvert disponible pour lui ; elle lui ordonne de s'en aller, et elle ne tardera pas elle-m&#234;me &#224; mettre son ordre &#224; ex&#233;cution s'il ne peut recourir &#224; la compassion de quelques convives du banquet. Si ceux-ci se serrent pour lui faire place, d'autres intrus se pr&#233;sentent aussit&#244;t, r&#233;clamant les m&#234;mes faveurs. La nouvelle qu'il y a des aliments pour tous ceux qui arrivent remplit la salle de nombreux postulants. L'ordre et l'harmonie du festin sont troubl&#233;s, l'abondance qui r&#233;gnait pr&#233;c&#233;demment se change en disette, et la joie des convives est an&#233;antie par le spectacle de la mis&#232;re et de la p&#233;nurie qui s&#233;vissent dans toutes les parties de la salle, et par les clameurs importunes de ceux qui sont, &#224; juste titre, furieux de ne pas trouver les aliments qu'on leur avait fait esp&#233;rer. &#187;
&lt;p&gt;Malthus, &lt;i&gt;Essai sur le principe de population&lt;/i&gt;, 1798.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;Darwin reprend en 1859 les th&#233;ories transformistes de Lamarck. Comme lui, il croit &#224; la transmission des caract&#232;res acquis. Mais il ajoute l'id&#233;e de s&#233;lection naturelle : les individus diff&#233;rents les uns des autres, les mieux adapt&#233;s au milieu survivent plus facilement et se reproduisent donc davantage. Ces caract&#232;res avantageux doivent &#234;tre h&#233;r&#233;ditaires et transmis &#224; leurs descendants. La th&#233;orie de la s&#233;lection li&#233;e au sexe (ou lutte pour la reproduction) compl&#232;te celle de la lutte pour la survie : certains caract&#232;res &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; d&#233;savantageux pour la survie (couleurs vives ou appendices peu pratiques, telle la queue du paon) sont conserv&#233;s parce qu'avantageux dans la concurrence &#224; l'int&#233;rieur de l'esp&#232;ce. Ce n'&#233;tait d'ailleurs la partie th&#233;orique la plus facile &#224; d&#233;fendre dans la soci&#233;t&#233; victorienne, d'autant que Darwin dans son ouvrage de 1871 pr&#233;tend que la th&#233;orie s'applique &#224; l'homme ... expliquant par exemple sa pilosit&#233; ...
&lt;p&gt;Les voyages temporels permirent au audacieux savant de la fin du XIX&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et du d&#233;but du XX&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt;, tel No&#235;l Essaillon et Pierre Saint-Menoux, de compl&#233;ter les th&#233;ories darwiniennes &lt;i&gt;vers l'avenir&lt;/i&gt;. C'est ce que pr&#233;sente par exemple l'&#233;tude de ces deux derniers voyageurs sur la &lt;a href='http://www.charbon-et-ether.fr/spip.php?article167' class='spip_in'&gt;soci&#233;t&#233; de l'an 100.000&lt;/a&gt; ...&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Th&#233;ories sociales.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Darwin avait repris l'id&#233;e de lutte pour la survie dans l'essai d'un compatriote de la fin du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, Thomas Robert Malthus et son &lt;i&gt;Essai sur le principe de population&lt;/i&gt; de 1798. Selon ce dernier, il nait toujours plus plus d'&#234;tres vivants que le milieu ne peut en nourrir, il s'ensuit donc une lutte pour la vie entre les individus de la m&#234;me esp&#232;ce et entre les esp&#232;ces pour les ressources.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_280 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;width:150px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.charbon-et-ether.fr/local/cache-vignettes/L150xH219/Herbert_Spencer-8f00a.gif' width='150' height='219' alt='GIF - 16 ko' style='height:219px;width:150px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:150px;'&gt;&lt;strong&gt;Herbert Spencer&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s logiquement, les th&#233;ories de l'&#233;volution biologique de Darwin inspirent les sociologues, &#224; commencer par le philosophe Herbert Spencer (1820-1903). Pour ce dernier, la soci&#233;t&#233; est un organisme vivant soumis aux m&#234;mes lois que tous les organismes biologiques. Comme dans le monde animal, les plus aptes parmi les hommes sont favoris&#233;s, l'inn&#233;e pr&#233;vaut sur l'acquis&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour poursuivre dans la simplification caricaturale &#224; laquelle nous nous (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. En 1865 Francis Galton (1822-1911), un cousin de Darwin, allant plus loin, recommande d'appliquer une s&#233;lection artificielle pour compenser l'affaiblissement du r&#244;le de la s&#233;lection naturelle dans les soci&#233;t&#233;s industrialis&#233;es : il invente pour d&#233;finir cette proc&#233;dure le terme d'eug&#233;nisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notons cependant que Darwin a toujours tenu en peu d'estime ces applications sociales de ses th&#233;ories naturalistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour poursuivre dans la simplification caricaturale &#224; laquelle nous nous livrons ici, notons cependant la proximit&#233; de ces penseurs avec les th&#232;ses &lt;i&gt;whigs&lt;/i&gt; puis lib&#233;rales, ce qui n'emp&#234;che pas Spencer de critiquer Malthus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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